En 2020, les réseaux sociaux s’adaptent face à plusieurs vagues : Trump et la Covid-19

Thomas - Digital Project Manager | Appsolute
Thomas
08 décembre 2020
Charles Deluvio
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Réseau social Société Marketing
La place publique numérique, matérialisée par nos réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter pour n’en citer que deux, s’est retrouvée fortement impactée ces dernières années par « l’ère » Trump, et plus récemment par la pandémie de Covid-19 (la fameuse). Appsolute revient ici sur l’impact engendré sur les fonctionnalités de vos réseaux sociaux !

Une lutte contre la désinformation qui se dessine sur Twitter 


Le « retweet » est une des pierres angulaires de Twitter : cette fonctionnalité permet à n’importe quel internaute de partager un tweet (un article, une vidéo, un mème, etc.) à ses abonnés. Et vous avez dû le remarquer, depuis le 21 octobre dernier, vous ne pouvez plus retweeter aussi facilement qu’avant ! Pour cette fonctionnalité, le réseau social « impose » désormais à l’internaute une action en plus avant de diffuser le retweet auprès de ses abonnés : il doit passer par une vue intermédiaire l’invitant, au premier abord, à relire le contenu et à commenter le retweet effectué.  


Le but, sur le papier, est plutôt louable :  marquer un temps de pause, et interroger l’utilisateur sur le contenu qu’il s’apprête à diffuser à plus grande échelle. L’objectif du réseau social est in fine de participer à la lutte contre la désinformation (le partage viral de fausses nouvelles). Une lutte importante, d’autant plus que l’on sait que les réseaux sociaux deviennent peu à peu depuis quelques années les sources d’informations principales des « jeunes générations ».  


Le graphique suivant, produit par Digimind, peut venir soutenir ces propos : 


réseaux-sociaux-information-jeunes-appsolute


Il faudra certainement plusieurs mois avant de voir l’impact de ce nouveau rouage, ce petit « travail » supplémentaire à effectuer par l’internaute, dans le cadre de la lutte contre les fake news.  Il sera intéressant de noter également l’engagement ou le désengagement des internautes face à la fonctionnalité : à titre d’exemple, en France d’après Socialbakers , le « retweet » représente 17% des interactions. 


Cette « prise de conscience » de la part des têtes pensantes de la plateforme s’est à coup sûr tout d’abord enclenchée suite à la présidentielle américaine de l’année 2020, opposant Donald Trump à Joe Biden. Cela n’est pas anodin : Twitter, en un sens, peut sembler prendre parti et affirmer sa volonté « d’éduquer ses internautes » dans le but d’assainir les réactions sociales face aux multiples informations circulant sur sa plateforme, qui ont le sait, peuvent être violentes ou toxiques. À ce propos, Twitter avait diffusé déjà des messages aux utilisateurs lorsque ceux ne cliquaient pas sur le lien du contenu qu’il s’apprêtait à repartager.   

Twitter avait déjà marqué son engagement dans la lutte dans la désinformation, en intégrant une nouvelle « fonctionnalité » interne : la mise en lumière d’une « censure » sur des tweets ne respectant pas les guidelines du réseau social ont été mises en place. Et l’un des premiers concernés sur la scène mondiale n’a été autre que Donald Trump, dans le cadre de quelques-uns de ses tweets portant sur la pandémie de Covid-19 ou sur la présidentielle américaine.  




 Un avertissement qui a fait grand bruit auprès des GAFAM car cela peut marquer encore plus le basculement et la mise en lumière de la responsabilité des réseaux sociaux sur les contenus diffusés sur leurs plateformes, un peu à la manière d’une rédaction journalistique pour faire un raccourci rapide.  


Toujours en toile de fond, le spectre « Cambridge Analytica »


Facebook a lui aussi pris ce virage dans sa politique, en retirant des messages du président Trump. Une première pour Facebook depuis l’affaire Cambridge Analytica.    


Oui, cette affaire laisse encore des traces en 2020 dans la sphère des GAFAM. Pour rappel, à l’occasion de la présidentielle de 2016, Cambridge Analytica, une entreprise britannique, avait recueilli plus de 87 millions de données utilisateurs sur Facebook, pour le compte des équipes de campagnes de Trump.  

En effet, la présidentielle et la pandémie sont de véritables terreaux pour les fausses informations, les complots et les publicités orientés. En ce sens, d’après France Info, Facebook aurait supprimé depuis le mois de mars « plus de 2 millions de publicités douteuses et plus de 135 000 fausses nouvelles ».  


Et à l’occasion de la présidentielle américaine, et à la suite de celle-ci, Facebook a notamment suspendu, de façon temporaire, les publicités politiques aux États-Unis.  Si nous nous basons sur la société américaine, les politiques de modérations des réseaux sociaux ont eu un impact qui est certain sur la population. À titre d’exemple, suite à l’élection américaine, plusieurs milliers d’utilisateurs ont quitté Facebook ou Twitter au profit d’un nouveau réseau social : Parler (qui était en tête des téléchargements en Amérique sur l’App Store durant le week-end du 8 novembre). Parler se veut être « un média social non biaisé et libre d'expression » mais concentrerait en vérité un véritable vivier pour « la droite de la droite » américaine : ce qui conforte les utilisateurs dans un bulle informationnelle, une bulle sociale.  


La pandémie et l’élection américaine sont, une fois de plus, un test pour les réseaux par rapport à la gestion de l’information circulant au sein d’une masse « critique d’utilisateurs ». Tout l’enjeu pour eux est donc de mettre en place des stratégies de verrouillage et de déverrouillage pour garder leurs utilisateurs afin d’éviter leur perdition face à la paupérisation de réseaux plus… communautaires ? 

Thomas - Digital Project Manager | Appsolute
Thomas
08 décembre 2020

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